Trois sœurs, Jo Hoestlandt, Nathalie Novi

Une douce nostalgie parfume les romans de Jane Austen, à laquelle ce bel album se réfère. Certains sont familiers de cette sorte de nostalgie, nostalgie d’une époque, d’un jeune temps peut-être bien un peu idéalisé, mais que la mémoire conserve chaud et merveilleux. Jo Hoestlandt et Nathalie Novi – grande amoureuse des livres de Jane Austen (comme je la comprends), rendent dans cet album la délicieuse atmosphère propre à la romancière anglaise. Elles racontent, du point de vue de la plus jeune, prénommée Jane, les relations de trois sœurs. S’aimer, partager, envier, s’observer, s’émanciper, la palette chaude de Nathalie Novi donne à sentir toutes ces façons d’être sœurs. Lorsqu’Éléonore quitte le cocon familial pour aller vivre sa vie, Martha s’installe dans la chambre de sa grande sœur, et Jane hérite de celle de Martha. Puis c’est au tour de Martha de s’en aller, laissant Jane, désormais dans la grande chambre – celle d’Éléonore – à ses souvenirs. Jane met plus de temps que ses sœurs à partir, mais elle va plus loin. En quittant la maison de ses parents, elle laisse bel et bien derrière elle l’enfance marquée de la présence de ses sœurs. Comme chez Jane Austen, la nostalgie ici n’implique pas le regret. La certitude du bonheur vécu cimente au contraire la confiance de l’adulte. Trois sœurs, de Jo Hoestlandt et Nathalie Novi, redit qu’on peut trouver, à l’âge adulte, encore bien d’autres façons d’être sœurs.

Trois sœurs, de Jo Hoestlandt et Nathalie Novi, Gallimard jeunesse, 14,90€.

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